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LA TRANSHUMANCE


Pendant très longtemps, à cause du paludisme qui anémiait la population, la " pian da freto " était désertée l'été par la majeure partie des habitants. Des familles entières quittaient " a piaggia ". Cette transhumance humaine se faisait toujours après la moisson, lorsque blé et orge avaient été engrangés. Les lieux de migration différaient.

Les Tivarellais, pour la plupart se rendaient à Carbini ; les gens d'Ogliastrello et Tarabucceta allaient à Foce d'ulmu entre Carbini et Oronu ; les habitants de Poggiale et San Gavino gagnaient une résidence appelée Naseu, au flanc de la chaîne de Cagna, ou chaque famille avait construit une modeste maisonnette en pierres sèches.
Ce mouvement saisonnier s'appelait " A Muntanera ", de Muntanà ( se rendre à la montagne (en estive)).
Quelques personnes seulement restaient à la Piaghja (la plaine), pour surveiller le bétail, les jardins, et les vignobles. Une personne par famille en général.
Ces voyages pour la montagne s'organisaient par groupes, après s'être entendus sur la date de départ.
La caravane de chevaux, de mulets et d'ânes s'ébranlait, avant l'aube, dans un indescriptible et joyeux tumulte d'appels, de cris, d'interpellations, de rires…
" Aioh ! Semu pronti ! Hu ! "…

Chaque bête portait une charge d'objets hétéroclites, sur laquelle on juchait les enfants, tout fiers dans cet équipage.
Les adultes suivaient à pied, discourant à haute voix, à bâtons rompus, pour se faire entendre, tant le vacarme de ce long cortège était grand.
Dès qu'on entamait la côte, devenant de plus en plus rude, l'allure ralentissait, le sentier devenait abrupt, parfois dangereux quand il côtoyait des précipices .
On stimulait, on encourageait les braves bêtes : " Acconcia, o Fasgia ! ", qui pouvait se traduire par " Arrange toi ! Fais attention ! " Et les animaux avançaient avec précaution, le pied prudent, mais sûr.
De ces chevauchées, auxquelles, tout enfant, j'ai maintes fois participé, j'ai gardé un merveilleux souvenir.



Extrait des écrits de Don Jacques CANONICI

Directeur de la Publication: Mairie de FIGARI, Figari Village 20114 Figari
Graphisme et Mise en page par Gilbert Finidori Conseil SARL
Recueil des textes et Photographies par Julie Canarelli