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FAMILLE
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PRENOMS
Dans
ma famille, les prénoms étaient héréditaires.
Ils étaient choisis, parmi les aïeuls, oncles, tantes.
Les plus fréquents étaient : Jean, Jean-Baptiste,
Jacques, Antoine, Joseph, Simon.
Dans une autre branche on trouvait aussi : François,
Paul.
Dans les familles Canonici qui ont essaimé, au gré
des circonstances, on retrouve les mêmes prénoms.
Il y a donc pérennité dans la fidélité
à ce choix.
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SURNOM-SOBRIQUET
J'ai porté un surnom lorsque j'étais petit "
Chjucu " (Petit), et même jeune homme. Tout le monde
m'appelait ainsi. Ce vocable, dont je ne me suis jamais offusqué
était souvent utilisé dans le sens affectif. J'ignore
qui, le premier, m'a donné ce surnom.
Dans ma famille, mon père était surnommé
" BARBETTU". On lui disait " O BARBE ! ",
" O BARBU ". Il lui a été attribué
lorsque, enfant, un tivarellais, tout barbu, le prenait dans ses
bras, et chaque fois frottait sa barbe contre la joue de mon pére,
en disant, " Tu vas avoir de la barbe " On va t'appeler
" Barbettu ". Et par la suite, c'est fréquemment
que les gens pour désigner ma famille disaient " I
Barbetti ".
Le frère aîné de mon père était
surnommé " Chjcchettu " ; Un autre frère
" Bismark " ; Un autre " Chalons ", parce
qu'il y avait fait un séjour, sous l'uniforme de soldat.
La plupart des surnoms dans le village et chaque famille, sinon
chaque individu en possédait un, étaient utilisés
couramment dans les rapports, les conventions. Chacun trouvait
cela naturel.
Je crois les connaître tous : BILLI-BILLI
(individuel) : BROUSSON ; GAMBETTA ; CALZITTINI
(petites chausettes) ; SHUASOLLI ; FIOCCU
(touffe de cheveux) ; LUPU (loup) ; CHJAPPAGHJU
; CHJAPPA (fer à cheval), littéralement=
fabricant de fers à cheval, pourtant il n'en faisait pas
; FIAMMONU ( la FIAMMA = flamme) ; BRUNCCHITTINI
( I ) ; PESCIU (poisson) ; PICCONU
( I PICCONI) ; MEME ; CALO
( O CALO !) ( c'était un Canonici) ; CHJERCULU
; LU GRO- BUCCIAROLI(I) ; BURRASCA (Bourrasque)
(individuel) ; POZZU ; MURRU
(grain) ; GIAGO ; MUSCHINU (moucheté)
; RAMPALI ; MOCU ; BRENTA-LINTU ( I LINTI) ; LAVATIU
(lavement) ; PINZUTU (individuel) LUIGINU
; CAPAZZA ; U PILATU ( le chauve) ; GRIDDU
(Sauterelle) ; RICCIU (hérisson)
; B o ( prononcer beau) (individuel, parce
qu'écolier, il prononçait BO, pour le B) ; RAVACHETTU
; MUZZOLU ; CASGINU ; TOZZIU ; TOPE ; PUNCINU ; COSTILONGU
( longues côtes) ; I MAGHJORI ( idée
de grandeur peut-etre parce que gros propriétaires terriens
; TAMBURU ( Tambour= il avait été
tambour dans l'armée) ; FURCHEDDU
( petite fourche) ; SGHIZZU ; SGHIZZINU ( I SGHIZZI) ; FRANCIU
( de François) ; GHIRGO (
de QUIRGHINU= Quilicus) ; içi augmentatif,
mais au sens péjoratif ; LATTI
; GALLUCCHJU( I GALLUCCHI), plusieurs sobriquets
pour une méme personne: (ASACCA) CAMPANILE-
CANTAMISSA- CAPRETTU) NI ; TCCIU ; PUNTAROLU (épingle)
; MEPPURU ; PASSUPA ( qui marche d'un pas
mesuré, très lent). BISCUTTEDDU
( sorte de gâteau) et BISCUTTIDDUCCIU (
diminutif) PRALLINA pour le même.
FAMILLES ET CLANS
Les
familles de nos villages ont toujours été inféodées
aux clans.
Jadis, il y avait les noirs et les rouges.
Les noirs étaient les bonapartistes, les rouges, les républicains.
Plus tard, plus près de nous, et c'est encore vrai, hélas,
deux clans dominaient la vie politique du village et de la commune.
LANDRY et PIETRI
Ou GAVINI et GIACOBBI
GIACOBBI et ROCCA-SERRA
Les clans s'affublent aujourd'hui d'étiquettes politiques,
sans pour autant modifier l'état d'esprit et le comportement
du plus grand nombre d'électeurs.
On vote pour quelqu'un ou contre quelqu'un. Idéaux ? Programmes
? Demeurent le fait d'une minorité, quoique l'on assiste
depuis peu à une certaine évolution.
Les deux clans ont toujours eu leurs représentants respectifs
dans les communes.
Les chefs de clans se livraient, à chaque consultation,
une lutte acharnée, usant les uns et les autres, à
des degrés divers, de tous les moyens, persuasion, promesses,
pressions, attribution de places, implications de rapports familiaux,
corruption d'électeur, calomnies, fraude. Et j'en passe.
L'éventail des armes était vaste et inépuisable.
J'ai personnellement connu les deux chefs de clans, qui tour à
tour ont présidé aux destinées de la commune.
Xavier Giuseppi " Saveriu Maghjore ", du sobriquet de
la famille, de Tivarellu (Figari) et Jean-Paul Curallucci, de
Poggiale.
Tous deux avaient, il faut le dire une certaine envergure. Le
premier a mémé été conseiller général,
présentant beau, grand manoeuvrier. Le second, très
cultivé, intelligent et d'un esprit subtil.
Il a toujours existé entre eux un accord tacite. Une manière
de fair- play. Le jour d'une élection, ils se serraient
ostensiblement la main devant le public, à l'ouverture
du bureau de vote. Et ce préambule garantissait la bonne
marche des opérations, c'est- à dire, leur déroulement
dans le calme jusqu'à la fin du dépouillement. On
leur doit ce mérite.
Les premiers électeurs qui monnayèrent leur suffrage
étaient au nombre de 5, et n'étaient même
pas originaires de la commune. Ce qui ne les empêcha pas
d'être inscrits sur les listes électorales. Ils faisaient
payer leur suffrage 5 francs ( un Cinquinu).
On les appelait " I PINCCIONI UURZAGHJ
" (Les pinsons qui aiment l'orge). Mon père les avait
connus.
Je ne peux m'empêcher de rapporter un incident tragi-comique
survenu à l'occasion d'élections municipales.
Le maire de l'époque était d'Ogliasrello. Le siège
de la mairie, automatiquement s'y trouvait aussi.
Le premier magistrat, se sentant sans doute battu, fixa le lieu
des opérations dans un local privé, ou pratiquement
les électeurs n'eurent pas accès, et, à huit
clos, organisa le vote et le dépouillement comme il l'entendait.
Les adversaires entassèrent des fagots de bois autour du
local avec l'intention d'y mettre le feu pour tout faire brûler.
On envoya quérir la maréchaussée. Un gendarme
voulut s'interposer pour empêcher cette tentative. Un électeur
de Tivarello, surnommé
" Zi Cusimi ",
le saisit par la barbe (il en portait une belle) et le secoua
brutalement en l'invectivant.
Epilogue : La malheureux Pandore mourut dans la nuit, d'une crise
cardiaque, probablement consécutive à l'agression
dont il avait été victime.
Quels qu'aient pu être les affrontements, les tensions,
l'atmosphère empoisonnée de certaines élections
âprement disputées, le sang ne coula jamais à
Figari pour les élections. |
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| Extrait des écrits de Don Jacques
CANONICI |
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